J'ai dessiné dans la revue TOPO de ce mois l'histoire d'Abdoulaye, un jeune sénégalais qui a tenté la traversée et s'est retrouvé dans les geôles lybiennes.
Ce qu'il a traversé, des milliers de jeunes hommes et de jeunes femmes
l'ont vécu et continuent de le vivre. Beaucoup n'ont pas tenu et sont
partis, dans le désert du sahara, dans les prisons sous la torture, en
mer mediterrannée et aussi dans les alpes exactement là où j'ai grandi.
Les nations, leurs frontières tuent. Certains nous insultent
quand on dit lutter pour un monde sans frontières, certains disent
qu'on ne peut pas accueillir toute la misère du monde. Ces gens là ont
un cadavre dans la bouche.
Des milliers de personnes ont pris
ces bateaux de fortunes après avoir vécus des horreurs qu'on ne peut
imaginer, des milliers sont mort noyés. Toutes ces histoires se
ressemblent, que ce soit celle d'Abdoulaye ou de copaines rencontrés en
luttant. Toutes ces histoires se ressemblent et pourtant sont
différentes, parfois plus insoutenable dans les détails.



